BENVENUTI IN PUGLIA
du 8 au 14 mai 2017
Du 8 au 14 mai, 40 de nos adhérents sont allés visiter le talon de la botte italienne.
Après un départ très matinal lundi 8 mai, les voyageurs guidés par Chantal, l’accompagnatrice d’Arts et Vie, ont pu
s’installer dans le bel hôtel Mercure Romanazzi de Bari
Après le repas du soir les plus courageux se sont rendus au centre ville pour participer aux festivités lumineuses de la
fête du saint patron de la ville : saint Nicolas.
Mardi 9 nous sommes partis à Trani, jolie ville de la côte nord de
Bari. Nous avons pu admirer la très belle cathédrale aux portes de
bronze, dédiée à saint Nicolas le pèlerin. De pur style roman apulien,
elle se dresse au-dessus de sa crypte aux nombreuses colonnes.
Au dos de la cathédrale, la mer, au bord de laquelle s’impose le
Castello Svevo bâti par Frédéric II de Souabe…
Puis nous nous sommes promenés dans les
petites ruelles, le long du port, et nous nous
sommes rendus dans la fraîche trattoria de
Cacciainferno pour un repas local .
L’après midi le car nous a emmenés à Castel del Monte, étrange citadelle octogonale où notre
guide italienne Michelle nous a emmenés dans un parcours initiatique sur les
traces de l’empereur éclairé Frédéric II.
Notre car nous a conduits ensuite le long de la côte jusqu’à Bitonto. Nous
sommes entrés dans l’exceptionnelle cathédrale du XII°et XIII° siècle sous
laquelle a été découvert un site archéologique paléochrétien. Nous avons pu
admirer l’ambon, les multiples colonnes aux chapiteaux dépareillés de la crypte, à l’extérieur la rosace de pierre …
Mercredi 10, la matinée a été consacrée à la visite de Bari.
Michelle nous a emmenés à la pinacothèque riche en toiles de peintres locaux ou de l’école
vénitienne, Vivarini, Bellini, le Tintoret, Véronese, etc … De jolies crèches napolitaines étaient
présentées dans des vitrines.
En sortant nous avons pu visiter une ville de Bari sans voitures, calme et où les promeneurs
pouvaient déambuler à leur rythme, sans crainte. En effet, la municipalité préparait l’arrivée du G7
, et les administrés s’employaient à nettoyer, protéger, surveiller … afin que tout soit prêt pour le
lendemain.
Nous sommes entrés dans la basilique Saint Nicolas de style roman apulien, construite par les
Normands de Hauteville, qui enferme les reliques du saint. Dans la crypte était célébré un culte orthodoxe; en effet,
une importante communauté russe est à Bari. (Saint Nicolas va unir les deux églises, orthodoxe et latine).
Puis nous avons pu faire une balade à travers les petites rues jusqu’au château normand-souabe. Après avoir dégusté
des spécialités de la mer au Rifugio del Pescatore à Mola di Bari, nous avons pris la route du sud. Nous avons fait
étape à Polignano a Mare, où nous avons déambulé dans la petite ville et les plus gourmands ont pu se régaler du
traditionnel gelato. Ensuite, nous sommes allés jusqu’à Monopoli, charmante localité perchée en bord de mer, aux
petites rues blanches en pente douce où Pascal, natif du lieu, nous a raconté l’histoire
de sa ville, et fait partager son amour de ce lieu pittoresque et chargé d’histoire. La
traditionnelle photo de groupe a été faite en bord de mer, au soleil couchant, avant de
reprendre la route de l’hôtel Romanazzi à Martina Franca.
La soirée à l’hôtel a été courte car le lendemain une journée dense en découvertes
nous attendait.
Jeudi 11
Notre programme prévoyait une excursion dans la proche vallée de l’Itria, mais c’est le programme du vendredi
que nous avons suivi, car de nombreuses manifestations festives, sportives ou politiques avaient lieu dans les Pouilles cette semaine là..
Nous sommes donc partis à nouveau vers le sud, mais bien plus loin cette fois, jusque dans
le Salento.
A travers une mer quasi discontinue d’oliviers jeunes ou séculaires se détachant sur une
terre rouge, nous avons rejoint Otrante, port célèbre pour la bataille qui s’y déroula en 1480,
et au cours de laquelle, la population fut massacrée par une flotte turque de 100 navires.
Nous avons pu voir la fabuleuse mosaïque du XII° siècle du moine
Pantaleon, faite de 600 000 tesselles et qui recouvre tout le pavement sous
la forme d’un arbre de vie gigantesque.
Ensuite Zia Pina nous a accueillis dans sa masseria pour un déjeuner de
spécialités locales variées, dans la bonne humeur et le sourire.
Antonio notre chauffeur nous a conduits ensuite jusqu’à Lecce, la
merveilleuse ville baroque du Salento. Tout en pierre blonde et en
décorations doucement courbées, la ville a vu cette explosion artistique au
XVI° siècle sous la domination espagnole, après la victoire de Lépante sur
les Turcs. Le barocco leccese, exubérant, floral, animalier, fantastique explose sur les façades
des demeures , dans les cours intérieures, dans les églises. Nous passons par la Piazza Duomo,
Santa Croce, l’hôtel du zimbalo ( ?) dédié à St François de Paul, fondateur de l’ordre des
Minimes. Nous mangeons une glace sur la place où l’amphithéâtre romain côtoie l’architecture
mussolinienne et les façades baroques …
Après cette visite à travers les splendeurs passées, nous revenons à Martina Franca.
Vendredi 12
La journée est consacrée à la visite des villes typiques de la vallée de l’Itria.
Nous partons à Locorotondo où nous sommes surpris par la fraîcheur matinale due au vent fort qui souffle sur la ville ronde.
Nous nous arrêtons en silence devant l’église de la Madonna del Soccorso pour laisser passer un enterrement au cours
duquel la banda (fanfare) municipale accompagne le défunt au milieu des couronnes, toutes identiques, de fleurs rouges
offertes et portées par la famille et les amis. Nous passons devant le palazzo Morelli sur la place principale, puis nous allons
sur la promenade.
Et nous nous dirigeons ensuite vers Alberobello. La visite du village de trulli
était prévue l’après midi, mais cette fois ce n’est pas la saint Nicolas ni le
G7 qui marchent sur les mêmes chemins que Benvenuti, mais bien le Giro d’Italia, équivalent de
notre Tour de France, qui doit terminer l’étape qui va de la Calabre aux
Pouilles … à Alberobello, l’après midi. Nous arrivons en pleins préparatifs
de la fête. La localité est rose (couleur du maillot du vainqueur en Italie).
Michelle nous emmène d’abord dans la partie la plus authentique, celle qui
ne comporte pas de commerces pour les touristes. Nous sommes charmés
par les petites habitations blanchies à la chaux et au toit de pierres sèches en forme de cône.Nous sommes accueillis par
quelques artisans à l’ancienne, comme les tailleurs de pierres, les fabriquants de « trottole » (toupies), les musiciens
ambulants qui nous font danser la tarentelle sur les pavés de pierre ! Nous visitons l’intérieur du trullo de Grazia et Pasquale,
meublé à l’ancienne, puis nous allons faire quelques achats dans la partie commerçante, et enfin nous quittons Alberobello
au moment où la préparation de l’arrivée du Giro ferme la plupart des rues. Antonio
nous emmène déjeuner à la Masseria Pappaporta , dans la fraîcheur, et nous pouvons
pénétrer dans de très anciens trulli à côté de la citerne à eau.
L’après midi continuons la vallée de l’Itria avec un arrêt à Ostuni, ville toute blanche
située en hauteur. Nous grimpons à pieds, mais certains préfèrent utiliser les services
de l’Ape Calessina, et nous nous retrouvons à Porta Nuova, nous montons jusqu’à la
Cathédrale où a lieu un mariage entre une italienne et un anglais, nous applaudissons
les mariés et leurs demoiselles d’honneur vêtues de bleu ciel, sous une pluie de pétales
roses. Michelle nous fait remarquer aux fenêtres des maisons de curieux
aménagements qui permettent l’été d’étendre des tentures imbibées d’eau, climatisation naturelle et rafraîchissante.
Nous revenons à Martina Franca, assez tôt pour pouvoir faire une visite de cette « bonbonnière baroque ». Sur le
grand fronton de la basilique trône une sculpture dans laquelle le personnage principal est manifestement le cheval et
non son cavalier. En effet , l’élevage des chevaux de race est une des caractéristiques locales. Nous regardons encore
une fois les palais baroques de la via Cavour, la gracieuse piazza Plebiscito à côté de la blanche basilica San Martino.
Puis Michelle emmène les gourmets dans une huilerie, il frantoio oleorio L’Acropoli di Puglia, où Vincenzo et Mario
nous expliquent l’extraction de l’huile d’olive, nous indiquent comment la cuisiner, et nous font goûter diverses huiles et produits
dérivés. Nous achetons de petites confections qui peuvent supporter le transport en avion.
Samedi 13
C’est la dernière journée de notre voyage. Nous quittons les Pouilles pour nous diriger dans la région voisine
la Basilicate, afin de découvrir la ville de Matera. Nous nous arrêtons au belvédère, le spectacle nous coupe le souffle : en face
de nous, une ville au sommet d’un ravin descend le long de la pente ;
accrochée à la paroi, des trous apparaissent comme dans un gruyère. Nous
découvrons la ville troglodyte décrite par Carlo Levi dans son célèbre livre :
Le Christ s’est arrêté à Eboli. Ici pas de coupure depuis les époques
préhistoriques les plus anciennes. Matera est classée au
patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1993. Michelle
va nous emmener arpenter les ruelles de cette cité
étrange. Cette fois, les personnalités du G7 sont passées
avant Benvenuti, la ville est calme, sans barrières,
nettoyée. Le ciel est sans nuages, Il fait très chaud,
certains achètent des chapeaux pour se protéger. Nous
commençons à descendre dans le Sasso Caveoso
jusqu’à la maison-grotte de casa di Vico. Nous écoutons
une présentation du mode de vie paysan qui se déroulait
dans ce lieu, bêtes et gens vivant sous le même toit, lits
de paillasses sur lesquels plusieurs personnes devaient
s’entasser. Ici tout est malgré tout accueillant et propret, mais il faut imaginer la vie
dans cet environnement avec le manque d’eau, les rues pavées, la poussière, la boue
et l’absence de lumière… Nous ressortons impressionnés, il est 12h30, nous
remontons du Sasso Caveoso et nous suivons Michelle chez Nadi’ où des tables sont
dressées pour nous sur la terrasse, sous des tentes. La chaleur et la fatigue qui commencent à se faire sentir incitent plusieurs d’entre
nous à rester dans la ville haute, riche en terrasses et glaciers. Les plus courageux vont visiter l’église rupestre de Santa Lucia alle
Malve, creusée dans la roche, et où l’on peut encore admirer des peintures murales qui
ont été épargnées par le temps : San Nicola, Sant’Agata… Mais il est temps de rentrer
à Martina Franca pour notre dernière soirée dans les Pouilles.
Benvenuti offre le traditionnel apéritif aux voyageurs, Pierre Bozetto remercie les
accompagnateurs pour leur compétence et
leur gentillesse, les voyageurs pour leur bon
esprit de groupe, et la douzaine de choristes
de la Tarentelle entonne quelques chants de
son répertoire sous les applaudissements du
groupe. A la fin du repas, un musicien jouant
à la fois de la guitare et de l’harmonica,
accompagné d’une chanteuse qui manie avec dextérité un grand tambourin arrivent. Ils
commencent à interpréter une Pizzicata, la musique qui rythme les danses des femmes
piquées par l’araignée la tarantule. Deux gracieuses danseuses aux longues jupes
virevoltantes et armées de foulards noirs commencent à danser, elles se frôlent sans jamais se
toucher. Le geste est élégant, de plus en plus rapide. Elles sont très applaudies, exécutent plusieurs danses. Puis viennent solliciter les personnes
du groupe pour danser avec elles. La soirée se poursuit au rythme des tarentelles, tamuriate et pizzicate, les voyageurs fatigués par la chaleur et
les nombreuses visites retrouvent une énergie nouvelle et dansent sur ces rythmes entraînants.Benvenuti a apprécié les chanteurs et musiciens,
qui ont à leur tour apprécié le groupe de Benvenuti, lequel a su participer dans la bonne humeur à ces musiques et danses traditionnelles des
Pouilles.
Dimanche 14 : retour à St Cyr, la tête pleine d’images fabuleuses et de bons souvenirs.
Texte de Nicole - Photos de Caroline